Violations, erreurs et lapsus : les attitudes de sécurité ne jouent pas le même rôle

Une étude auprès de conducteurs professionnels
Basińska et Błachnio ont étudié 198 personnes qui conduisent des véhicules particuliers dans le cadre de leur activité professionnelle. Les participants ont répondu à des questionnaires portant notamment sur les traits HEXACO, les attitudes envers la sécurité et les comportements routiers du Driver Behaviour Questionnaire (DBQ).
Les analyses trouvent des effets indirects statistiquement significatifs des attitudes de sécurité entre certains traits de personnalité et les violations intentionnelles. Le même mécanisme n’est pas retrouvé pour les erreurs, les lapsus et les comportements associés à l’inexpérience. Les auteurs évoquent donc des processus qui peuvent différer selon qu’il s’agit d’une transgression volontaire ou d’un comportement non intentionnel.
Ce que ces résultats ne démontrent pas
L’étude est transversale et repose sur des questionnaires : elle décrit des associations, sans établir de causalité. Elle ne valide pas l’emploi d’un questionnaire de personnalité pour prédire la récidive d’une personne, ni pour conclure qu’un changement d’attitude suffira à prévenir de nouvelles infractions.
Le contexte professionnel et l’échantillon étudié doivent aussi être pris en compte avant toute généralisation à l’ensemble des conducteurs ou aux stagiaires français.
Pistes pour les entretiens psychotechniques
L’analyse gagne à distinguer explicitement trois mécanismes : violation, lorsque la règle est connue et volontairement transgressée ; erreur, lorsque le jugement ou la décision est inadapté à la situation ; lapsus, lorsque l’attention ou la mémoire fait momentanément défaut.
Trois questions peuvent étayer l’entretien : le conducteur connaissait-il la règle applicable ? A-t-il décidé de s’en écarter ? Quels éléments permettent de distinguer une transgression volontaire d’une erreur d’appréciation ou d’un défaut attentionnel ?
Cette distinction évite d’interpréter automatiquement une erreur comme un problème de rapport à la règle ou d’impulsivité. Pour un exercice de stage, proposer trois scénarios différents à partir d’une même situation dangereuse aide à repérer les mécanismes et à discuter des stratégies de prévention correspondantes.
À retenir
Une conséquence routière similaire peut résulter d’une transgression délibérée, d’une mauvaise appréciation ou d’un défaut d’attention. L’entretien doit chercher à comprendre le processus, sans transformer une association statistique de groupe en diagnostic individuel.
Référence
Basińska, P. & Błachnio, A. (2026). The role of attitudes toward safety in driving behaviour: testing the mediation of intentional and unintentional driver errors. Medycyna Pracy, 77(6), publication en ligne le 1er septembre 2026. DOI : 10.13075/mp.5893.01683. PubMed, PMID 42806881 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/42806881/
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