Alcool au volant : le risque connu ne suffit pas toujours à empêcher la décision

Une enquête exploratoire en Belgique
Le rapport de Vias, publié le 21 octobre 2026, analyse les réponses de 458 participants à un questionnaire en ligne. Les répondants sont répartis en quatre groupes selon leur conduite déclarée au-dessus de la limite légale au cours des douze mois précédents et leur disposition à reproduire ce comportement dans l’année à venir.
La classification décrit un gradient de risque déclaré : elle ne constitue pas un diagnostic individuel. Le recrutement était un échantillon de convenance, notamment par réseaux sociaux et cours de Driver Improvement.
La perception de la probabilité d’accident n’explique pas tout
L’estimation personnelle de la probabilité d’être impliqué dans un accident ne différait pas entre les groupes. En revanche, les groupes à risque plus élevé jugeaient les conséquences d’un accident moins dissuasives et déclaraient davantage de croyances permettant de relativiser ou de compenser le risque.
Ils recouraient aussi davantage à des stratégies d’évitement et de compensation concernant les contrôles, percevaient plus facilement la conduite après consommation comme socialement acceptable, et jugeaient moins attrayantes certaines solutions comme le taxi ou les transports publics. La conduite à risque apparaissait aussi plus souvent liée aux circonstances ou à des automatismes plutôt qu’à une planification délibérée.
Les motivations de consommation liées à la régulation des émotions négatives et les difficultés à s’abstenir ou à limiter sa consommation étaient plus présentes dans les groupes à risque élevé.
Pistes pour les stages et les entretiens
Ces résultats invitent à distinguer connaissance du danger, acceptation du risque, valeur accordée aux conséquences, rationalisations et capacité à mobiliser une alternative. Reconnaître qu’un accident est possible n’empêche pas nécessairement de conduire après avoir bu.
En stage, on peut demander : « Vous savez que ce comportement est dangereux ; qu’est-ce qui vous conduit malgré tout à accepter ce risque ? », « Quelles justifications apparaissent au moment de décider ? » et « Quelle solution concrète était prévue pour rentrer sans conduire ? »
En entretien, explorer les stratégies de compensation, l’influence sociale, les obstacles pratiques aux alternatives et les contextes où la décision devient moins réfléchie peut compléter l’analyse de la perception du risque.
Limites
Le rapport est exploratoire, transversal et fondé sur des déclarations. Les groupes sont construits à partir de comportements passés et d’une disposition future déclarée ; ils ne prédisent pas individuellement la récidive. Les associations observées ne démontrent ni causalité ni l’efficacité d’une intervention pédagogique.
Référence
Vinckenbosch, F., Boets, S. & Verwee, I. (2026). Déterminants du choix de conduire après avoir consommé de l’alcool : une enquête exploratoire. Vias Institute, rapport 2026-R-05-FR, publié le 21 octobre 2026. Rapport intégral (74 p.) : https://vias.be/publications/Determinanten%20van%20de%20keuze%20om%20te%20rijden%20na%20alcoholgebruik/D%C3%A9terminants%20du%20choix%20de%20conduire%20apr%C3%A8s%20avoir%20consomm%C3%A9%20de%20l%E2%80%99alcool.pdf
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