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Somnolence au volant chez les jeunes : des défaillances associées aux accidents

Photo du rédacteur: François Marin
François Marin
il y a 18 heures
2 min de lecture

Une enquête auprès de jeunes conducteurs

Schmickler et ses collègues ont interrogé 923 conducteurs lycéens titulaires du permis aux États-Unis, le plus souvent âgés de 16 à 20 ans. L’étude, publiée dans Scientific Reports le 27 octobre 2026, examine les liens entre sommeil, croyances, normes sociales et défaillances attentionnelles liées au sommeil pendant la conduite.

Dans l’article, ces défaillances désignent des événements déclarés tels qu’un hochement de tête ou un endormissement, même bref, au volant. Elles ne correspondent pas à des lapsus mesurés lors d’un test de laboratoire. 19,9 % des participants déclaraient en avoir connu au moins une, à une fréquence quelconque.

Associations observées

Les jeunes ayant déclaré ces épisodes rapportaient aussi davantage d’antécédents de presque-accidents (odds ratio ajusté de 2,28) et d’accidents (2,56). Déclarer un sommeil insuffisant la plupart des nuits du mois était associé à davantage de défaillances (1,78). Les attitudes, normes sociales et croyances d’efficacité personnelle favorables à l’évitement de la somnolence étaient associées à moins d’épisodes rapportés.

Dormir habituellement plus de dix heures était également associé à des défaillances déclarées. Ce résultat ne signifie pas que dormir longtemps en soit la cause : l’étude transversale ne permet pas d’établir le sens de la relation et d’autres facteurs liés au sommeil ou à la santé peuvent intervenir.

Pistes pour les stages et les entretiens

Un exercice peut partir d’une situation concrète : « Vous devez rentrer après une journée fatigante, il reste 45 minutes de route et vos paupières deviennent lourdes. Qu’est-ce qui pourrait vous pousser à continuer ? » L’échange permet d’examiner la proximité du domicile, les obligations, la pression temporelle ou la surestimation de sa capacité à rester éveillé.

L’entretien peut explorer la régularité et la durée du sommeil, les horaires de travail ou d’études, les signes de somnolence, les stratégies de compensation et les épisodes de presque-accident. Il s’agit de recueillir des éléments de contexte, pas de déduire un risque individuel à partir d’un seul résultat ou d’une association de groupe.

Le levier pédagogique est la décision de s’arrêter ou de ne pas partir lorsque la vigilance est altérée, ainsi que la préparation d’alternatives réalistes avant le trajet.

Limites

Les données sont transversales et déclaratives. Elles montrent des associations et des antécédents rapportés, sans établir que la somnolence a causé un accident ni permettre de prédire l’accident d’un individu.

Référence

Schmickler, J. M., Eijkeme, C., Quan, S. F. et al. (2026). Understanding sleep-related attentional failures while driving in young drivers and associations with motor vehicle crashes, near misses, and nocturnal sleep. Scientific Reports, 16, article 34844. DOI : 10.1038/s41598-026-77243-9. https://doi.org/10.1038/s41598-026-77243-9

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