Distraction et passages piétons : deux profils se distinguent par leur réponse aux règles

La distraction au volant ne se résume pas au nombre de fois où un conducteur regarde son téléphone. Une étude publiée dans Accident Analysis & Prevention examine la façon dont des tâches secondaires et l’environnement réglementaire s’articulent à l’approche de passages piétons.
Une analyse de données naturalistes
Les chercheurs ont étudié 39 271 observations d’une seconde correspondant à 720 franchissements de passages piétons par 162 conducteurs, à partir des données SHRP2 recueillies entre 2008 et 2013. Les tâches non liées à la conduite — les NDRT — étaient réparties entre des séquences de conduite caractérisées par la vitesse et la décélération.
L’analyse distingue deux profils selon leur réactivité à l’environnement de régulation, pas selon une grande différence de fréquence de distraction une fois l’exposition aux phases de signalisation prise en compte. Les « Regulated Taskers » ajustaient davantage leur vitesse aux conditions de contrôle. Les « Unregulated Taskers » répondaient environ un tiers moins fortement. Dans les épisodes analysés, l’engagement dans une tâche secondaire était associé à une perturbation de la séquence de décélération et à un début de décélération environ 103 mètres plus près du passage.
Une situation particulière, pas un profil psychologique global
La base concerne des données collectées en 2008–2013 et une situation précise : l’approche d’un passage piéton. Les tâches secondaires étudiées ne se limitent pas nécessairement au téléphone. Les résultats ne définissent donc pas un type psychologique général de conducteur distrait et ne décrivent pas toutes les situations de conduite.
Application en stage
Au-delà de « utilisez-vous votre téléphone en conduisant ? », l’animation peut explorer les critères par lesquels une personne s’autorise à détourner son attention : faible trafic perçu, trajet familier, ligne droite, arrêt prévu ou sentiment d’avoir le temps.
Questions possibles : « Quels indices vous font penser que vous avez assez de marge pour consulter votre téléphone ? » et « Qu’est-ce qui pourrait rendre cette estimation fausse ? ». Cela travaille la lecture de la situation et la métacognition du risque, en complément du rappel de la règle.
Application psychotechnique
Il est utile de distinguer le choix de s’écarter d’une règle connue, l’adaptation insuffisante à une situation et une défaillance attentionnelle. Une même infraction apparente ne suffit pas à établir lequel de ces mécanismes l’a produite ; l’entretien doit rechercher les circonstances et les éléments disponibles.
Référence
Douglas, G. & Boyle, L. (2026). A distracted driver behavior typology: The role of regulatory environments. Accident Analysis & Prevention. DOI : https://doi.org/10.1016/j.aap.2026.108740. Notice PubMed : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/42700554/
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