Alcool au volant : vitesse et trajectoire sont aussi altérées que les réflexes

Une expérimentation sur simulateur
Larue et Love ont réparti aléatoirement 165 participants entre trois conditions d’alcoolisation, avec des alcoolémies rapportées entre environ 0,020 % et 0,085 %. Les participants ont effectué une courte tâche de conduite autoroutière sur simulateur tout en portant un dispositif de suivi du regard.
Les effets les plus marqués concernaient le choix de la vitesse et le contrôle latéral du véhicule. Les chercheurs ont également observé des effets sur le temps de réaction lors d’un freinage d’urgence et sur le contrôle longitudinal lors du suivi d’un véhicule. Les changements des mouvements oculaires étaient limités dans cette tâche autoroutière relativement simple.
Ne pas réduire l’altération au ralentissement des réflexes
La séquence pédagogique consacrée à l’alcool peut utilement distinguer plusieurs composantes de la conduite : régulation de la vitesse, maintien de la trajectoire, réaction à un freinage d’urgence et adaptation à la distance avec le véhicule précédent.
On peut demander aux participants quelles capacités ils pensent conserver après consommation, puis comparer leurs réponses à ces différentes dimensions de performance. Cela rend plus concrète l’idée que l’altération touche aussi le contrôle continu du véhicule, et pas uniquement la rapidité de réaction.
Limites et portée psychotechnique
Il s’agit d’une étude expérimentale menée sur simulateur lors d’un trajet autoroutier bref. Ses résultats éclairent des performances de conduite dans ces conditions, mais ne constituent pas une mesure directe de la sécurité de chaque conducteur sur route.
Une évaluation psychomotrice satisfaisante réalisée à jeun ne renseigne pas, à elle seule, sur les capacités susceptibles d’être altérées sous alcool. L’état du conducteur au moment du test et son fonctionnement après consommation sont deux situations distinctes.
À retenir
L’alcool peut perturber la sélection de la vitesse et le contrôle de la trajectoire, en plus des réactions à un événement imprévu. La prévention doit donc dépasser le seul message sur les réflexes.
Référence
Larue, G. S. & Love, S. (2026). Sensitivity of established driving simulator metrics to varying doses of alcohol during a brief motorway task. Accident Analysis & Prevention, 238, 108752. DOI : 10.1016/j.aap.2026.108752. PubMed, PMID 42763959 : https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/42763959/
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